| Démarche |
Si je photographie le monde, je m’intéresse tout autant aux images qui le précèdent, l’encombrent ou en subsistent : photographies vernaculaires abandonnées, publicités désuètes, artefacts du médium, mais aussi images numériques, espaces web et productions générées ou co-construites avec l’intelligence artificielle. Qu’elles soient trouvées, détournées ou produites, les images constituent un terrain d’enquête à travers lequel je questionne leur fabrication, leur circulation, leur épuisement et leur pouvoir sur nos imaginaires. Leur prolifération participe à une répétition culturelle où formes, récits et représentations se rejouent sans cesse.
À travers des archives vernaculaires, des clichés réactivés par les technologies contemporaines et des procédés hybrides mêlant négatifs numériques, photographie argentique, procédés alternatifs et teintures végétales, ma pratique explore les systèmes de représentation qui façonnent notre rapport au réel. Elle examine aussi la manière dont l’image participe à la construction de l’identité — individuelle, collective, transgénérationnelle ou computationnelle — en lien avec nos héritages et les normes qui nous précèdent. Par le photomontage, l’installation, la photographie, les images en mouvement et les espaces web, je développe des formes où mémoire, fiction et matérialité se rencontrent. Face à la prolifération des images, j’oppose une pratique du détournement, de la relecture et de la récupération, affirmant une écologie des images attentive à leurs usages et à leurs devenirs. Je m’attarde à ce que les images font dans le temps — à la manière dont elles persistent, se transforment et continuent de façonner notre regard.
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