Avec le développement des moyens de transport au XIXe siècle, les peintres ont développé le goût du paysage. La photographie a suivi. Le genre s’est propagé notamment aux magazines de voyage et de géographie. Même la publicité s’y est mise. À première vue Décharge est une immense carte postale. Elle possède pourtant la particularité d’exclure toute présence humaine ou animale. Maisons, arbres, statues pétrifiées, terrains vagues sont autant de sphères formant monticules, buttes, élévations, dont certaines s’échappent dans les airs telles des bulles de savon.

À partir de photographies amateurs, il y en a plus de mille six-cents, numérisées et retravaillées par différents logiciels, j’ai voulu nous faire réfléchir sur le trop plein d’images dans nos sociétés. Si les familles se léguaient autrefois, d’une génération à l’autre, leurs photographies, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Elles se vendent maintenant par lots sur le web. Au souci de conserver une mémoire familiale et collective, nous préférons dorénavant l’instantanéité de nos cellulaires. D’où les entassements de sphères rappelant les décharges de nos sociétés postindustrielles. Mais approchez-vous. L’effet miroitant des sphères nous invite à la contemplation. Sommes-nous devant un paysage bucolique ou un tas d’immondices? À vous de juger.

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